Oswald, 29 ans, Porto Novo, étudiant à Rennes

 

·         Parlez-nous de votre parcours académique en France :

Je me suis installé en France en 2011, suite à l’obtention d’une mise en disponibilité dans la Fonction publique béninoise où je venais de boucler presque cinq années au cabinet du Médiateur de la République. J’avais un projet d’études doctorales.

Dans un premier temps, j’ai été admis au Master 2 (recherche) en Etudes africaines du département de science politique de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. C’est une formation très prisée qui prépare les étudiants  à acquérir des capacités d’analyse des enjeux et des dynamiques politiques de(s) Afrique(s) dans le monde avec  des enseignants de haut-vol, un cadre de travail stimulant et un encadrement à la recherche adéquat.

Ensuite, j’ai été inscrit à l’Université de Rennes 1 / Institut d’Etudes Politiques pour préparer ma thèse de Doctorat en science politique / relations internationales qui porte sur la coopération de défense et de sécurité française en Afrique de l’ouest. Dans ce cadre, j’ai été sélectionné parmi les 25 lauréats des cinq continents admis à recevoir  la bourse d’excellence Eiffel du Ministère (français) des affaires étrangères et européennes et je bénéficie d’un rattachement à l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM), un pôle de recherche du Ministère (français) de la défense qui assure le rayonnement et la diffusion de la pensée stratégique française dans le monde. 

·         Comment trouvez-vous la ville dans laquelle vous étudiez ?  (transports, cadre de vie, ambiance)

J’ai vécu une année en région parisienne et je réside maintenant à Rennes. La première année à Paris, je suis arrivé un peu en « connaisseur » de cette ville que j’avais déjà plusieurs fois visité à l’occasion de courts séjours et très vite j’ai compris qu’il y avait une grande différence entre  la posture du touriste parisien et celle du résident. Le touriste visite des « lieux communs » et le résident découvre sa ville au fil du temps et des rencontres. J’ai en effet pris du plaisir à vivre en région parisienne. Le rythme est certes plus accéléré mais je me suis vite adapté.

A Rennes, j’ai découvert une ville jeune et dynamique qui offre beaucoup d’atouts pour les études et la recherche.

J’ai évidemment eu plus de facilités à trouver l’appartement qui me convient (ce qui n’était pas le cas en île de France) et je me plais bien en Bretagne avec l’avantage d’être à 2 heures de TGV de Paris.

 

Vos impressions sur votre 1èreannée d’étude en France ? Qu’est ce qui a été difficile ? Qu’est-ce qui vous a plu ? Expliquez-nous comment s’est déroulé le processus de sélection de la Bourse Eiffel.

Jusque là toute se passe plutôt bien par rapport à mes études. La première année, ce qui a été surtout difficile c’est d’intégrer l’approche « recherche académique » à ma façon de travailler et d’écrire. Bien qu’ayant en ce moment copublié un ouvrage chez un grand éditeur parisien, j’ai mis du temps à intégrer les paramètres de la recherche universitaire surtout que j’avais un parcours universitaire essentiellement professionnel et que j’étais en reprise d’études.  Mais c’est du passé désormais. Autrement, les formations que j’ai suivies jusque là ont nettement accru mes compétences. En dehors des formations, j’ai également eu d’intéressantes opportunités comme le stage de six mois que j’ai effectué à Paris, au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie comme Assistant de programme (maintien et consolidation de la paix, sécurité internationale). Je peux donc confirmer la bonne réputation de l’enseignement supérieur français.

La bourse Eiffel est une bourse d’excellence et de mérite que le Gouvernement français octroie aux Doctorants étrangers en co-direction ou co-tutelle internationale. En ce qui me concerne, j’appartiens à deux unités de recherche : le Centre de recherche sur l’action politique en Europe (CRAPE) à Rennes et le Centre de droit constitutionnel (CDC) de l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin. C’est donc sur la base de cette co-direction et de la qualité de mon dossier que l’Université de Rennes 1 a décidé de présenter ma candidature qui a été couronnée de succès. C’est bien sûr, un immense privilège pour moi d’être l’un des rares africains parmi les nombreux asiatiques (chinois notamment), sud-américains, moyens-orientaux et européens de l’est sélectionnés. Faut-il le préciser, l’objectif du programme est  de  former en France, les futurs décideurs étrangers, du privé et du public provenant en priorité des pays émergents. Il est en outre, un outil offert aux établissements français dans leur recherche des meilleurs étudiants étrangers. 

·         Une anecdote sur votre séjour ? Vos conseils pour réussir ?

J’ai été bien ravi d’avoir fait découvrir le « mansa » béninois à un breton qui n’a eu aucun mal à le comparer à la crêpe bretonne.

Je pourrais suggérer aux candidats béninois qui choisissent la France parce qu’ils ne parlent que français de renforcer leurs capacités dans d’autres langues internationales notamment l’anglais car en France, les formations sont très ouvertes sur l’international et il est indispensable de maitriser l’anglais pour accéder aux formations élitistes et pour avoir de meilleures perspectives.

·         Qu’auriez-vous aimé savoir avant votre arrivée en France ?

Campus France Bénin fait un  formidable travail d’information à l’endroit des candidats aux études en France mais je crois qu’il faut davantage informer ces candidats qui choisissent la région parisienne sur les atouts de Paris mais surtout sur ses inconvénients (difficultés à trouver un logement, coût élevé de la vie, lenteur dans le traitement des dossiers dans certaines administrations dues à la congestion des demandes, etc.). Il faudrait davantage expliquer que dans d’autres grandes villes françaises, les mêmes formations parisiennes existent avec les mêmes qualités (parfois mieux) et l’avantage de quelques facilités quotidiennes.