Sinatou, Grenoble, Université Stendhal

·         Parlez-nous de votre formation

Je fais un Master Recherche en Information-Communication cette année à l’Institut de Communication et des Médias de l’Université Stendhal de Grenoble. Cette formation que j’appréhendais au début est au final l’une des meilleures années d’étude de ma vie. Les enseignements portés sur les enjeux du numérique d’une part et sur les évolutions constantes du secteur de l’information et de la communication sont à la fois intéressantes, utiles et pertinentes à mon avis. Aujourd’hui, j’ai un autre regard sur l’espace public.

Le master Recherches et études en information-communication ouvre tout autant aux carrières de la recherche et de l’enseignement supérieur qu’aux métiers du conseil et de la communication. La formation est centrée sur l’acquisition de compétences analytiques, stratégiques et techniques. 

Les stages ainsi que la réalisation d’études sont intégrés dans la formation dès la première année. J’ai ainsi eu la chance d’être prise pour un stage au Dauphiné Libéré de Grenoble : l’un des plus grands titres de la presse quotidienne régionale en France.

La réalisation d’un mémoire exigeant permet aussi d’accroître la capacité à raisonner et à développer des idées propres.

En première et deuxième année, les étudiants conçoivent et réalisent, dans le cadre de cours, des études pour des commanditaires : collectivités territoriales, organisations publiques ou privées, associations, et cela, au sein des deux parcours en dernière année.

·         Comment trouvez-vous la ville dans laquelle vous étudiez ?  (transports, ambiance, cadre de vie)

J’ai l’habitude de décrire Grenoble à mes proches comme «  ma cuvette entourée de montagnes ».

C’est exactement ça, à Grenoble, je me sens comme chez moi. Me réveiller et voir des montagnes, c’est particulier mais également très agréable. Avant de venir à Grenoble, j’ai passé quelques temps à Nice et à Lyon mais aujourd’hui mon cœur est bel et bien à Grenoble. Ni trop grand ou trop petit, c’est la ville idéale pour étudier. Je ne me vois donc pas poursuivre mes études dans une autre ville. D’ailleurs, 1 habitant sur 3 à Grenoble est étudiant.

Quant au coût de la vie, c’est assez abordable pour les étudiants comme pour les jeunes stagiaires.

·         Vos impressions sur votre année d’étude en France ? Qu’est ce qui a été difficile ? Qu’est-ce qui vous a plu ?

Naturellement, comme tout  Africain qui vient étudier en France et encore plus à Grenoble, le froid.  Le climat est  inéluctablement l’une des plus grandes difficultés au début mais on s’habitue très vite je pense.

Après, il faut savoir intégrer les modes d’évaluation des cours. Plutôt brillante dans mon ancienne université, j’ai eu un peu de mal à reprendre mes marques au début de l’année académique mais après mes derniers examens, je dirais que c’est de l’histoire ancienne. Il faut juste savoir poser les bonnes questions et les professeurs n’hésitent pas à dire ce qu’ils attendent réellement des étudiants. C’est vraiment un point positif à l’université en France.

L’autre point positif c’est la qualité des équipements en France. L’échec a peu de raison d’être. Bibliothèques immenses et enrichies, qualité de la connexion internet mais surtout excellente organisation des cours. Il faut apprendre à travailler sur des plateformes collaboratives où tous vos documents et ressources sont disponibles.

C’est vraiment une expérience que je recommande à plusieurs d’étudier en France. En six mois seulement, je pense être devenu plus mature, plus aguerrie, plus ouverte d’esprit aussi à force d’échanger avec les autres mais aussi plus rigoureuse dans mon quotidien.

L’autre paire de manche par contre c’est la patience. Les démarches administratives indispensables partout sont assez épuisantes et peuvent être difficiles et très longues par moment.

·         Une anecdote sur votre séjour ? Vos conseils pour réussir ?

J’ai rencontré des personnes extraordinaires ici. Je me rappelle que pour un entretien, une grenobloise qui voulait lancer son entreprise m’a toute suite accepté et pris sous son aile sans aucun à priori.

Même si aujourd’hui, je ne travaille pas vraiment avec elle, elle prend très souvent de mes nouvelles comme si elle était de ma famille. Elle me motive et m’encourage sans relâche.

Mon conseil aux nouveaux serait alors de rencontrer des gens, d’être curieux et de savoir saisir toutes les opportunités qui se présentent tout en gardant en esprit les deux objectifs : réussir ses études de la meilleure façon possible et prendre soin de soi loin des siens.

·          Qu’auriez-vous aimé savoir avant votre arrivée en France ?

Quitter son pays pour aller dans un autre pays à des milliers de kilomètres n’est pas aussi simple qu’on le croit. Le changement est aussi psychologique. Il faut savoir prendre sur soi, aller de l’avant quand ça ne va pas et ne pas oublier son objectif.

Bien que Campus France fasse un très bon travail d’information, les étudiants gagneraient aussi à savoir utiliser un budget en France (logements, abonnement transport, etc..).

 

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